Depuis son apparition sur Terre, il
y a 3,8 milliards d'années, les paléontologues estiment
que la vie a subi pas moins de vingt "crises" majeures,
dont cinq particulièrement sévères: (1) lus ancienne
vers 435 millions d’années a la fin de l’Ordovicien.
(2) l 2éme grande extinction a eu lieu a la fin du Dévonien
(-367 millions d’années) au cours desquelles 70 % des
espèces marines sont décimées. (3) à la
limite entre les ères primaires et secondaires il y a 245 millions
d’années la crise biologique la plus meurtrière
de toute l’histoire de la terre plus de 90% des espèces
vivants y ont été purement et simplement éliminées
Les Trilobites qui régnaient sur les mers de- puis le Cambrien,
c'est-à-dire depuis 300 millions d'années, sont rayés
de la carte de même que les Blastoïdes, les Euryptérides,
les Madréporaires et les Tabulés, jusqu'alors très
abondants. Dans le même temps, 98% des crinoïdes, 78% des
Brachiopodes, 76 % des Bryozoaires et 71 % des Céphalopodes
Disparaissent. Sur les continents, vingt et une familles de reptiles
sur vingt-sept et six familles d'amphibiens sur neuf sont anéanties,
sans parler des insectes, également très éprouvés.
Un véritable carnage ! (4) l'extinction massive à la
limite Trias-Jurassique (- 210 millions d'années), qui se solde
par la disparition d'environ 50 % de la faune: les derniers reptiles
mammaliens ainsi que des familles entières de poissons, de
crinoïdes, d'oursins, de bryozoaires et d'autres organismes encore
sont liquidés. (5) la dernière grande disparition et
La plus célèbre d'entre elles s'est produite il y a
66,4 millions d'années, à la jonction entre le Crétacé
et l'ère tertiaire. C'est au niveau de cet te fameuse limite
C/T que l'on constate la disparition des Dinosaures ainsi que celle
de nombreux autres groupes faunistiques : Foraminifère: Planctoniques,
Ammonites, Bélemnites~s, Reptiles marins (plésiosaures,
mesosaures...), Reptiles volants (ptérosaures), etc. On estime
qu'environ 50 à 60 % de la faune a disparu à la fin
du Crétacé.
Alors qui sont le ou les responsables de ces extinctions et surtout,
combien d'espèces disparaissent lors de chacune de ces extinctions,
et à quel rythme ? 'un côté, les catastrophistes
:
Penchent pour des événements violents entraînant
la disparition brutale de nombreux groupes, comme la
chute d'une météorite
géante ou de gigantesques éruptions volcaniques.
De l’autre, les gradualistes :
Estiment que les processus d'extinction se sont étalés
sur plusieurs millions d'années et ne sont que le résultat
de la compétition entre les espèces, accentuée
par des modifications progressives du milieu (changement climatique,
variation du niveau des mers...).
En clair, les crises ne seraient pas dues à des causes externes
(météorite, volcanisme...) mais seraient la conséquence
"naturelle" de la dynamique de l évolution.
La thèse des catastrophistes
La chute d’un ou plusieurs
astéroïdes géants (météorites ou
comètes), d’une dizaines de kilomètres de diamètres
et lancés a la vitesses vertigineuse de 40km/s (150000km/h)
provoquant une onde de choc terrible, de gigantesques raz de marées
et des incendies généralisés .a plus long terme,
la terre aurais été plongée dans ce que certains
spécialistes appellent un hiver nucléaire c'est-à-dire
un refroidissement climatique, des pluies acides et un obscurcissement
de l’atmosphère aux conséquences catastrophiques
pour la faune et la flore . En effet, en bloquant la photosynthèse,
l’arrêt des rayons lumineux aurait entraîné
une réduction drastique de la biomasse végétale,
privant de nourriture les herbivores et en fin les carnivores qui
se nourrissent de ceux-ci
Premier indice sérieux : la découverte, en 1980, en
Italie, de
Concentrations en iridium de dix à cent fois plus élevées
que la normale dans des dépôts datant de la fameuse limite
C/T
Des teneurs analogues ont par la suite été détectées
dans des couches géologiques du même âge au Danemark,
en Espagne ; en Nouvelle-Zélande, en Haïti, aux Etats-Unis
et dans; le Sud-ouest de la France. Or, l'iridium, métal :
extrêmement rare à la surface de la Terre, est abondant
dans certains types de météorites: il ne peut donc venir
que de la chute d'un de ces gros cailloux,
Autre indice: on a également retrouvé dans cette fameuse
couche C/T des magnétites nickélifère. Ces cristaux,
qui appartiennent au groupe: des spinelles, n'existent pas dans les
roches terrestres mais ils se forment lors des phénomènes
de fusion, et d’oxydation qui accompagnent l’entrée
d’un météorite dans l’atmosphère…
de même les déformations observées sur les ‘quartz
choqués ` retrouvés un peu partout dans le monde dans
les sédiments de la couche C/T tendent à prouve que
ces minéraux ont été soumis a des pressions qu’aucun
phénomène terrestre ( volcanisme, tectonique des plaques
) ne parait susceptible d’engendrer.
Mais surtout, une équipe de chercheur américains à
décelé, au large de la péninsule du Yucatan au
Mexique, les traces d’un grand cratère de météorite
de 180 Km de diamètre datant précisément de 64.98
millions d’années donc contemporain à peu prés
de l’extinction massive de fin de Crétacé .
Mais après tout ces argument convainquant, ceux qui défendent
cette thèse doivent répondre à certaines questions
:
Comment dans ces conditions les mammifères, oiseaux, crocodiles,
serpents, tortues, amphibiens, poissons, insectes et d’autres
groupes ont survécu a une telle apocalypse ?
Comment la vie n’a telle pas tout simplement été
rayée de la surface de la terre il y a 65 millions d’années
?
Donc une explication doit prendre non seulement en compte les disparitions
d'espèces mais aussi la survivance de nombreuses autres dans
le même intervalle de temps.
D’autre part la thèse météoritique ne s’applique
pour l’instant que pour la crise de la fin de Crétacé
en effet aucune trace d’impact comparable à celle de
Yucatan,ou des fortes concentrations en iridium, n’a encore
été décelée dans les couches géologiques
correspondant à une autre grande extinction
La thèse des gradualistes
Une première explication c’est
que les extinctions massives surviennent spontanément au cours
de l’évolution sans aucune intervention extérieure.
Donc la vie évolue par sauts successifs et non de façon
graduelle comme le veut le schéma Darwinien classique. En clair,
les écosystèmes vivants ne sont pas en équilibre
stable mais précaire .Si bien qu’au terme de longues
phases de stabilité, où les espèces n’évoluent
pas ou très peu, surviennent périodiquement d’intenses
bouleversements au cours desquels un grand nombre de lignées
s’éteignent pour laisser rapidement la place à
d’autres espèces.
1- Une deuxième tentative d’explication
des phénomènes d’extinction massive :
Les régressions et les transgressions marines, autrement dit,
les baisses ou à l’inverse, les élévations
du niveau de la mer. Au cours des temps géologiques, ce dernier
a varié entre -200m et +100m autour du niveau actuel, au gré
des changements climatiques et des mouvements de l’écorce
terrestre. En général, les régressions sont associées
à des périodes de refroidissement, tandis que les transgressions
sont liées à des phases de réchauffement
Lors des régressions, les mers épicontinentales peu
profondes inférieur à 200m, dont les eaux oxygénés
et bien éclairées abritent la plupart des espèces
marines, s’assèchent progressivement se réduisant
à une mince frange, Devant la réduction drastique de
leur espace vital, les organismes marins se livrent un terrible combat
pour la vie au terme duquel les moins aptes à évoluer
disparaissent.
Parallèle- ment au retrait
de la mer, l'extension des surfaces émergées provoque
une "continentalisation" du climat. L'écart entre
les températures diurne et nocturne s'accentue et les saisons
deviennent plus contrastées, avec des hivers d'autant plus
rudes que les régressions s'accompagnent, comme on l'a YU,
d'un abaissement généralisé des températures.
Les écosystèmes terrestres sont bouleversés et
les espaces mal adaptées au froid s'éteignent.
A l'inverse, quand la mer inonde à nouveau les continents,
les animaux marins qui ont survécu se diversifient à
toute allure en occupant de nouvelles niches écologiques vacantes.
Cette explosion de vie donne naissance à de nouvelles lignées
: c'est le grand défoulement ! Sur terre la montée des
eaux provoque le morcellement des continents et la formation de grandes
"îles". Des groupes d'animaux autrefois réunis
sont séparés par des bras de mer ou des océans
et vont évoluer chacun de leur côté donnant naissance
à de nouvelles lignées.
Il est important de souligner ici que les régressions et les
transgressions marines se déroulent à chaque fois sur
des périodes très longues, de l'ordre de plusieurs millions
d'années. Contrairement aux impacts d'astéroïdes
ou aux éruptions volcaniques, elles déclenchent des
extinctions lentes, et non brutales, d'espèces animales et
végétales.
A la fin de chaque grande période géologique, que ce
soit l'Ordovicien, le Dévonien, le Carbonifère et le
Permien au cours de l'ère primaire, le Trias, le Jurassique
et le Crétacé au cours de l'ère secondaire, il
y a une importante régression marine accompagnée d'extinctions
massives.
On sait, en effet, qu'à la fin du Permien le niveau de la mer
baisse d'environ 150 m pendant cinq à six millions d'années,
asséchant les immenses mers intérieures de la Pangée
(le super- continent de l'époque) qui abritaient une faune
très riche.. De plus, selon Anthony Hallam, paléontologiste
à l'université de Birmingham, la transgression qui a
suivi a été la plus rapide des cinq cent cinquante derniers
millions d'années. D'après l'analyse de sédiments,
ce phénomène aurait entraîné la remontée
d'eaux profondes très appauvries en oxygène, provoquant
la mort par asphyxie de la plupart des espèces marines qui
avaient survécu au retrait des eaux.
A la fin du Crétacé, le niveau baisse cette fois d'environ
200 m pendant dix millions d'années, depuis le milieu du Campanien
(- 75 millions d'an- nées) jusqu'à la limite C/T. La
mer découvre la fameuse couche de craie qui s'était
déposée lors de la transgression du Cénomanien
(- 90 millions d'années) et qui s'étend encore sur tout
le nord de l'Europe, Au-dessus de cette couche se déposent
des sédiments continentaux,
. Sur le rebord du plateau continental, on l'a vu, une âpre
lutte pour la survie s'engage. Certains poissons s'en sortent en remontant
les fleuves ou en colonisant les fonds abyssaux, bref, en partant
à la conquête de nouveaux milieux .Mais les groupes qui,
tels les ammonites, les bélemnites et les oursins, n'ont pas
les mêmes facultés d'adaptation sont très éprouvés.
Les premiers disparaissent complètement et les seconds sont
au bord de l'extinction.
Sur les terres émergées, dont la surface augmente d'à
peu près un tiers, les dinosaures sont décimés
par le froid. Le dosage des isotopes de l'oxygène (O16 et O18)
contenus dans les sédiments marins montre que les températures
de la surface des océans baissent de près de 10 °C
tout au long du Crétacé supérieur. Ce qui est
considérable ! Contrairement aux oiseaux et aux mammifères
qui, de plus, étaient aidés par leur petite taille pour
s’abriter, les dinosaures ne sont pas homéothermes (c'est-à-dire
capables de réguler leur température interne) et sont
donc moins bien armés pour lutter contre les écarts
thermiques.
Enfin, leur reproduction a pu être perturbée par l’abaissement
des températures, par ailleurs on sait que, chez de nombreux
reptiles, le sexe dépend de la température d’incubations
des oeufs (-12°C femelles).
Mais la question qui se pose c’est combien le déclin
de ces géants de l’ère secondaire a t il dure
?
Pour répondre a cette question il faut suivre l'évolution
de tous les reptiles depuis le Crétacé supérieur
(à la fin de l'ère secondaire jusqu'à l'Eocène
(au début de l'ère tertiaire), cet examen détaillé
«montre de manière convaincante un processus d'extinction
graduelle des taxons (c'est-à-dire des genres, des familles...)
au cours de la transition Crétacé Tertiaire; ce processus
n'est pas compatible avec les hypothèses faisant appel à
une extinction en masse simultanée de tous les groupes, au
contraire, qu'une première phase d'extinctions commence à
la fin du Campanien (- 74,5 millions d'années), soit huit millions
d'années avant la limite C/T. Les mosasaures, les derniers
ichtyosaures les derniers plésiosaures, une famille de reptiles
volants et une famille de tortues disparaissent aussi à ce
moment là. Puis, au cours du Maastrichtien (le dernier étage
du Crétacé), deux vagues d'extinctions se succèdent
avec la disparition, cinq millions d'années puis trois millions
d'années avant la fin du Crétacé, de cinq familles
de dinosaures.
Au bout du compte, il ne subsiste
plus à la limite C/T que dix familles de dinosaures qui ne
représentent en réalité que douze à quatorze
espèces. On trouve parmi ces ultimes survivants, avant la disparition
définitive de ce groupe qui a dominé la Terre pendant
cent soixante millions d'années, le titanosaure, le tricératops,
des carnosaures et des hadrosaures. Les brontosaures, stégosaures
et tant d'autres géants de l'ère secondaire ont disparu,
pour des raisons encore inconnues, à la fin du Jurassique,
quelque soixante-dix millions d'années plus tôt. .. Comme
le souligne ironiquement le paléontologue anglais Michael Benton
: «La perte de quinze espèces de dinosaures en trois
millions d'années constitue-t-elle un événement
catastrophique ?» La météorite du Yucatan n'aurait-elle
finalement apporté que le coup de grâce ? Et les dinosaures
n'auraient-ils pas fini par s'éteindre même si un bolide
n'avait pas percuté la Terre ?
Enfin, si l'on en croit les archives
géologiques, les ammonites se sont elle aussi éteintes
progressivement puisque, des 155 genres qui peuplaient les mers au
début du Crétacé supérieur, il n'en restait
plus que 22 à la charnière C/T... Au bout du compte,
les arguments des gradualistes tiennent autant la route que ceux des
catastrophistes: d'un côté, il s'est bien produit des
éruptions volcaniques et un impact de météorite
à la fin du Crétacé, de l'autre, on est forcé
d'admettre que, dans le même temps, certains groupes se sont
éteints progressivement tan dis que d'autres subsistaient...
«Les célèbres dinosaures ont disparu non pas sous
'action une cause unique, soudaine et limitée dans le temps,
mais plus probablement en raison de causes multiples, complexes et
agissant pendant une période d'au moins cinq millions d'années
», conclut Philippe Taquet Le même constat vaut pour l'extinction
qui s'est produite à la limite permo-triassique Selon le paléontologue
américain Douglas Erwin, cette gigantesque hécatombe
a été provoquée par l'action combinée
de trois phénomènes une régression marine qui
a débuté au milieu du Permien (-250 millions d'années)
couplée à une intense activité volcanique en
Sibérie, auxquelles a succédé une brusque transgression
au tout début du Trias (-245 millions d'années)
En fait, les scientifiques ont commis l'erreur d'aborder le problème
des extinctions en s'appuyant uniquement sur leur propre domaine de
connaissances et en ignorant, bien souvent, le travail réalisé
par leurs collègues dans d’autre disciplines la résolution
d’une question aussi complexe que celle des extinctions exige
nécessairement une approche multidisciplinaire