Certaines découvertes en physique des particules ont parfois
des conséquences cosmologiques extrêmement riches. Ainsi
certains modèles de physique des particules impliquent que l'univers
ait traversé une période d'expansion beaucoup plus rapide
qu'on ne l'admet communément, l'inflation.
La partie de l'univers que nous voyons provient d'une toute petite région
considérablement dilatée par l'inflation, ce qui explique
que sa courbure spatiale soit très faible (comme un énorme
ballon gonflé apparaît localement plat). Cette région
était également assez petite pour que les processus physiques
des premières fractions de seconde aient pu l'homogénéiser
(ce qui n'est pas possible sans inflation).
C’était en 1929, Edwin Hubble entreprit de mesurer le décalage
Doppler de certaines galaxies. Il remarqua que les galaxies s’éloignent
de nous, et cela d’autant plus vite qu’elles sont lointaines.
N’en croyant pas ses yeux, il n’osa pas tirer de conclusion
immédiatement. Il fallut cependant se rendre à l’évidence
:
L’Univers est en expansion ! C’est ce que traduit la célèbre
loi de Hubble, qui postule que la vitesse de fuite V des galaxies est
proportionnelle à leur distance d : V = H0 × d, où
H0 est la « Constante de Hubble ».
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Après un big bang chaud et dense l'univers s'engage dans une
période d'expansion et refroidissement continue. Comme dans chaque
système dont la température change, des transitions de
phase ont lieu : une transition de phase est un changement abrupt d'une
ou plusieurs propriétés physiques d'un système
lors d'une variation de la température. Les exemples les plus
connus sont le gel de l'eau à T=0°C ou l'évaporation
de l'eau à 100°C. Ce phénomène est connu sous
le nom de Surfusion.
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Lorsque
la température de l'eau descend, celle-ci peut rester
liquide en dessous de 0°.
Mais il viendra un moment où elle gèlera, et à
cet instant, la température de la masse d'eau remontera
pour atteindre le 0° de la transition de phase.
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Dix secondes après le big bang, alors que la température
atteignait des proportions énormes, l'univers subit une transition
de phase annonçant la fin de l'ère de grande unification
durant laquelle toutes les interactions fondamentales (à l'exception
de la gravitation) s'unifient. Les forces peuvent rester unifiées
alors que la température est descendue sous la température
de séparation.
A ce moment, l'énergie du champ scalaire associé à
l'unification des forces devient supérieure à la température
de l'univers. Ce champ devient alors équivalent à une
force répulsive qui va faire gonfler l'univers dans des proportions
énormes : au moment de la brisure de grande symétrie,
vers 10 a la puissace 28 K, le rayon de l'univers croît d'un facteur
10 a la puissance 50.
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Au
moment où le changement de phase a lieu, après
la surfusion, le champ scalaire disparaît brutalement,
puisqu'il représente l'unification des forces.
Il transforme son énergie en expansion de l'univers
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L'expansion de l'univers se poursuivant, son refroidissement fait que
la transition de phase se produit mais à des conditions ou aucune
production de monopoles, des particules hypothétiques employées
dans les théories d'unification, n'était possible.
Guth introduisit ainsi son faux vide dans les équations standard
d'un univers en expansion. C’est un mécanisme que les deux
chercheurs Alan Guth et Henry Tye ont imaginé empêchant
la production de monopoles du big bang aux tous premiers instant. Pour
cela ils ont du emprunter à la physique quantique ce qu'on appelle
un " faux vide ", en effet il s'agit d'un concept étrange
qui sort tout naturellement des équations de physique des particules
et qui est fort éloigné de notre expérience quotidienne.
Ce " faux " vide contrairement au vide normale est instable
et ne peut exister que pendant un très court laps de temps, il
est aussi caractérisé par une énergie très
élevée et un champ gravitationnel répulsif, une
sorte de gravitation " négative " ou antigravitation
: remplissez un ballon de faux vide, il se dégonfle ! Les physiciens
utilisent aussi le terme " champ scalaire " pour désigner
ce faux vide.
Il en résulte un univers explosant à partir d'une petite
région de faux vide, ainsi plus l'univers se dilate plus il se
crée de faux vide, ce qui engendre une expansion ultra accélérée.
Avant cette spectaculaire expansion l'univers ne mesurait pas plus de
10-33 cm, juste après, son diamètre dépassait déjà
1026 mètres.
Au bout d'un certain temps la transition de phase s'effectue et le faux
vide se désintègre en photon, particules de lumière,
et laisse la place au vrai vide freinant ainsi la dilatation démesurée
de l'univers qui retrouve une expansion uniforme.
Guth baptisera cette phase d'expansion ultra rapide par Inflation.
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Toute la matière
de l'univers observable tient dans un volume inférieur
à celui délimité par l'horizon causal au
temps de Planck :
Tous les points de l'univers sont causalement liés, et
peuvent présenter les mêmes caractéristiques.
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L’expansion inflationniste présentait d'abord l'avantage
appréciable de résoudre plusieurs paradoxes du big bang
standard élaboré 50 ans plus tôt.
Par exemple, la platitude presque parfaite de l'univers serait du au
fait que nous n'en voyons qu'une infime partie. Tel un moustique à
la surface d'un ballon démesurément grand, nous ne percevons
plus la courbure du ballon, mais seulement une toute petite région
autour de nous qui nous paraît plate.
D'autre part ce gonflement permet de résoudre un autre problème
du Big Bang, celui de l'homogénéité de l'univers.
En effet le rayonnement de fond détecté pas Penzias et
Wilson en 1965 a révélé un univers parfaitement
homogène d'une température moyenne de 2.7 kelvins, chose
que le modèle standard ne pouvait expliquer.
Dans le scénario inflatoire, l'univers observable est issu d'une
région qui est beaucoup plus petite que la région prévue
par le modèle du Big Bang. Les régions les plus éloignées
de l'univers qui sont la source du rayonnement de fond que nous détectons,
étaient alors en contact, et elles ont eu suffisamment de temps
pour atteindre la même température avant que n’intervienne
l'inflation. Ainsi était résolu le problème de
l'horizon.
Peu après, Andrei Linde élabora un nouveau scénario
inflatoire "L’inflation éternelle ". Il avait
réussi de gommer certains défauts apparus dans la première
version d'Alan Guth. Cette nouvelle théorie de l'inflation apporta
son lot de surprise : elle engendrait des inhomogénéités
à très petites échelles qui ont été
énormément étirées et amplifiées,
favorisant ainsi le rassemblement de la matière en certains endroits
de l'espace, ce qui a permit la création des "grumeaux "
desquels sont nés les galaxies et les grandes structures de l'univers.
Mieux encore, ces hétérogénéités
avaient exactement la distribution conduisant à une répartition
de galaxies et des amas de galaxies semblable à celle que l'on
observe maintenant. Ces grumeaux sont perceptibles dans le rayonnement
de fond cosmologique ou " rayonnement fossile ", émis
300000 ans après le Big Bang lorsque l'univers était devenu
transparent, ils ont été observés par le satellite
COBE (COsmic Background Explorer).
Ainsi, le contenu matériel de l'univers, qui détermine
sa géométrie, n'est plus le fluide cosmique de matière
baryonique ou non des modèles de Big¬Bang chaud mais un ``champ
scalaire'' appelé ``inflaton'', c¬`a¬d une grandeur similaire
au champ électromagnétique mais dont les particules associées,
au lieu d'être des photons, ont entre autres une masse (quasiment
toutes les théories des particules prédisent l'existence
de tels champs).
Considérez maintenant une région, uniforme dans un volume
suffisamment grand. Il est alors facile de montrer, à partir
des équations d'Einstein, que l'évolution de la région
en question, gouverné par l'inflaton, est radicalement différente
de celle du modèle standard où la matière est ordinaire
: elle se dilate beaucoup plus vite, son facteur d'échelle croissant
quasi¬exponentiellement.
Mais l'expansion quasi¬exponentielle ne dure pas et l'inflaton doit
à terme se transformer en matière, baryonique ou non,
très chaude. L'évolution subséquente de la région
rejoint alors celle du modèle standard.
En fait, l'inflaton agit comme une force de répulsion cosmique.
Une telle force n'est pas une nouveauté pour les relativistes
puisqu'elle avait déjà été introduite par
Einstein en 1916 sous le nom de constante cosmologique, et utilisée
par de Sitter pour construire un modèle d'univers en expansion
exponentielle et vide de matière ordinaire, tout comme le modèle
de Linde. La différence est que l'inflaton n'agit que brièvement,
transformant ce qu'Einstein avait considéré comme une
grossière bévue en, du moins c'est l'espoir, une vision
grandiose et satisfaisante de l'univers.
Aussi séduisante soit elle, l'inflation ne règle que
partiellement ses propres difficultés, elle n’est pas elle-même
sans sérieuses énigmes. En effet, aucune théorie
grand- unifiée, jusqu’à présent, n’a
produit un champ scalaire qui pourrait jouer ce rôle de façon
convaincante. Les relativistes, dans le sillage d’Einstein, voudraient
lui trouver une origine géométrique et l’interpréter
par exemple comme la trace de dimensions d’espace supplémentaires.
Quant aux experts de supercordes, ils essaient de le relier aux champs
scalaires de leurs théories (les ‘dilatons’).
Un second problème est le réchauffement. C’est une
chose de dire que l’inflation doit convertir son énergie
en radiation à la fin de l’inflation. Mais tant que l’on
ne sait pas ce que l’inflation est, aucun progrès réel
ne peut être accompli dans ce domaine puisqu’on ne peut
spéculer sur son couplage à la matière ordinaire.
Un troisième problème concerne l’introduction d’effets
quantiques. Lorsqu’on traite dans le cadre de la mécanique
quantique les perturbations de l’inflation et celles qu’il
crée dans le champ de gravité, il faudrait, pour être
cohérent, aussi traiter dans le même cadre quantique l’évolution
du fond uniforme. Des essais en ce sens, dans le cadre de la cosmologie
quantique, ont été tentés par divers groupes mais
il y’a beaucoup de chemin à faire jusqu’à
une quantification satisfaisante de la gravitation.
A autre niveau, la quantification est invoquée pour montrer que
dans certaines régions l’énergie de l’inflation
croît, par saut quantique. Bien que l’on puisse plus au
moins montrer que des fluctuations quantiques à petite échelle
se transforment en une force stochastique de grande portée qui
peut produire des sauts, une analyse détaillée et rigoureuse
du phénomène reste encore à faire…
Pour en savoir plus voir:
• Cosmologie et Physique des particules,
Alain Bouquet (N° Spécial, Science & Vie astrologique)
• CosmosGate By web concept
• L'hypothèse de l'inflation.html
• La relation de Hubble et l'expansion de l'Univers. Unité
de Formation et d’Enseignement
URL : http://www.obspm.fr/aim
• L’expansion de l’Univers, Elisa di pietro