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Testes de Précisions de la Théorie Electrofaible

Abderrazzak Hamama

Faculté des Sciences de Rabat,
e-mail hamabd36@hotmail.com 


Les interactions entre les particules élémentaires, semblent être classées en quatre catégories qui sont :
- L’interaction électromagnétique qui dirige la quasi-totalité des phénomènes de la vie.
- L’interaction de gravitation qui nous maintient les pieds sur terre.
- L’interaction forte qui maintient les protons et les neutrons liés dans les noyaux atomiques.
- L’interaction faible qui est responsable de la première étape dans la chaîne de réactions thermonucléaires du soleil.
Chacune de ces interactions fondamentales (ou champs) entre les particules a des caractéristiques très particulières. Mais ces dernières décennies ont amené la croyance que toutes ces interactions pourraient en fait être diverses facettes d’une seule interaction universelle ; qui serait manifestée à de très hautes énergies alors qu’aux faibles énergies , celles de la vie courante, ces interactions se présentent sous quatre formes différentes.
Les physiciens tentent d’unifier ces interactions de la nature pour arriver à comprendre le plus grand nombre de phénomènes avec le plus petit nombre de lois ou principes fondamentaux possibles. Ainsi en 1865, le physicien Maxwell réalisa la première unification de deux phénomènes en apparence distincts ; les interactions électrostatiques et les interactions magnétiques à travers ses quatre équations.
Au XX siècle, et précisément dans les années soixante-dix, après le développement de divers outils mathématiques tels que les théories de jauge (en particulier Q E D), la renormalisabilité et les brisures de symétrie, Steven Weinberg, abdu salam et Sheldon Glashow ont eu le génie de présenter leur hypothèse unificatrice : “La force élétromagnetique et la force faible ne seraient qu’une et même force”.
Les deux interactions fondamentales de l’électrofaible
L’interaction électromagnétique :
Beaucoup de forces que nous subissons tous les jours sont dus aux forces électromagnétiques dans la matière, qui s’oppose à l’éloignement des atomes de leur position d’équilibre. La charge électrique (positive/négative) et le magnétisme (nord /sud) sont différents aspects d’une même force : électromagnétique dont la particule messagère est le photon.
L’interaction faible :
L’interaction faible est responsable du fait que les quarks les plus lourds se désintègrent pour produire des quarks et des leptons plus légers : ‘’’Spontanément un neutron dans un noyau atomique peut se désintégrer en un proton, en un électron et un anti-neutrino, le proton reste dans le noyau alors que l’électron et l’anti-neutrino sont éjectés avec une grande énergie à l’extérieur du noyau’’’. La somme des masses des particules produites d’une désintégration est toujours inférieure à la masse de la particule mère, C’est pourquoi la matière stable autour de nous contient seulement des électrons et les deux quarks les plus légers. Quand un quark ou un lepton change de type (par exemple un muon se transforme en électron), on dit qu’il a changé de saveur. Tous les changements de saveur sont dus à l’interaction faible dont les particules messagères sont les bosons W+, W- et Z°.Les bosons W ont une charge électrique tandis que Z n’en a pas.
Unifications des deux interactions
L'interaction faible se manifeste naturellement dans deux phénomènes :
- La capture électronique.
- La désintégration bêta.
La désintégration bêta se manifeste par la transformation spontanée d’un neutron en un proton, un électron et une particule non chargée dite anti-neutrino :
Neutron
proton +
électron +
muon
Tandis que la capture électronique consiste en l’absorption par un proton, du noyau, d’un électron du même atome :
Proton + électron neutron + muon
On remarque que deux familles de particules interviennent :
- Les hadrons : protons et neutrons.
- Les leptons : électron et neutrino.
Les observations expérimentales ont montré que l’électron et l’anti-neutrino ainsi que le proton et le neutron jouent un rôle symétrique dans ces réactions .Il est possible de les permuter sans modifier le phénomène :
Proton + muon neutron + électron
Autrement dit, cette observation peut s’énoncer comme suit : l’interaction faible est symétrique (invariante) vis à vis des permutations entre anti- neutrino et électron .Si on transforme globalement tous les électrons en anti-neutrinos et inversement
L'interaction faible se comporte de la même manière .Cette s’applique encore aux protons et aux neutrons qui jouent un rôle dans les réactions faisant intervenir l’interaction faible.
Pour pouvoir interprété l’invariance de l’interaction faible les physiciens ont du inventer une grandeur abstraite qui se prêtait mieux à des manipulations mathématiques que les noms des particules c’est : le spin isotopique ou encore l’isospin faible noté : I
Pour l’électron et le neutrino ,les valeurs de l’isospin sont respectivement +1/2 et –1/2 .La symétrie globale évoquée peut alors s’énoncer comme une invariance vis à vis de la valeur de l’isospin
Imposons à présent une symétrie locale d ’isospin, c’est à dire l’invariance de l’interaction faible pour des changements d’isospin pour une seule ou un nombre limité de particule .Si cette symétrie existait effectivement dans la nature, l’on pourrait observer des réaction comme :
Proton + électron neutron + muon
  • Or une telle réaction ne peut –être observer car elle viole la loi de conservation de la charge électrique puisque :

    Q(n) + Q(e-) = - e , Q(p) + Q(e-) = 0
    Notons au passage que cette remarque est importante car elle montre que la symétrie locale de l’isospin n’est pas rigoureusement exacte .Imposer une symétrie locale de l’isospin pour l’interaction faible peut affecter les charges électriques, qui elles, relèvent de l’interaction électromagnétique .Il apparaît donc une connexion entre l’interaction faible et l’interaction électromagnétique.
    Imposons la symétrie locale d’isospin, même si celle-ci donne des résultats physiques en apparence aberrants .Que se passe-t-il ? On constate l’apparition de quatre champs dans les équations; deux champs neutres un champ chargé positivement et un dernier champ chargé négativement.
    L’un de ces champs est constitué de quanta neutres, de masse nulle et de spin égale à 1.ces propriétés sont celles du photon dont le champ correspondant est le champ électromagnétique. Les trois autres champs sont spécifiques à l’interaction faible proprement dite. La symétrie locale d’isospin a donc entraîné l’unification des interactions électromagnétique et faible. Selon ce model, ces deux interactions seraient la manifestation d’une seule et unique interaction : l’interaction électrofaible.
    Dans la première formulation, les trois champs spécifiques à l’interaction faible n’ont des quanta de masse également nulles, ce qui n’était pas en bon accord avec les observations expérimentales. En effet, des quanta de masses nulles impliquent une interaction de portée infinie, or l’interaction faible est confinée à des distances très courtes, ce qui nécessite l’intervention de quanta de masses non nulles. Finalement, la description complète de l’interaction unifiée électrofaible fait intervenir quatre champs don quanta sont :

    - Le photon de charge nulle, de spin 1 et de masse nulle.
    - Le Z de charge nulle, de spin 1 et de masse de l’ordre de 90 Gev.
    - Le W+de charge positive, de spin 1 et de masse de l’ordre de 80 Gev.
    - Le W- de charge positive de spin 1 et de même masse que W+.
    Ce résultat peut-être obtenu de manière intuitive à partir des constatations établies précédemment :
    1- L’invariance d’isospin peut affecter la charge électrique, ce qui implique l’existence de quanta chargés (positifs et négatifs) :c’est à dire W+ et W-.
    2- La symétrie locale d’isospin, pour être exacte, doit être compensée par l’interaction électromagnétique (c’est en cela que les interactions faibles et électromagnétiques sont unifiées) et donc impliquer l’intervention du champ électromagnétique.
    L’existence du Z° est moins triviale .En effet, les observations tirées de la multitude d’expériences réalisées ces dernières années ont indique l’existence d’un médiateur neutre dans certaines interactions faibles que l’on appelle communément un courant neutre .ce médiateur est le Z°.
    L'interaction électrofaible est le résultat de l’imposition de la symétrie locale d’isospin dont le groupe de symétrie est noté SU (2) ×U (1) avec SU (2) : le groupe d’isospin qui décrit l’interaction faible et U (1) : le groupe unitaire qui décrit l’interaction électromagnétique.
    Pourquoi à notre échelle d’énergie les interactions faible et électromagnétique paraissent distinctes ?
    Pourquoi les Z°, W+ et W- ont-ils des La réponse à ces deux questions nous oblige à faire un détour par ce que l’on appelle en physique le mécanisme de : brisure spontanée de symétrie
    Brisure spontanée de symétrie et mécanisme de Higgs :
    Une brisure spontanée de symétrie est un phénomène par lequel un système physique perd en degrés de symétrie. La rupture spontanée de la symétrie joue très important dans beaucoup de domaines différents de la physique. L’idée fondamentale réside dans le fait que certaines solutions des équations de la physique peuvent casser ou briser cette symétrie.
    Les physiciens ont imaginé qu’un processus de brisure de symétrie pourrait expliquer la décomposition de l’interaction électrofaible en deux interactions : l’interaction faible et l’interaction électromagnétique présentant un niveau de symétrie moins élevé .Au delà d’une certaine énergie (de l’ordre de 100Gev) le potentiel électrofaible possède la symétrie SU (2) x U (1) .Les états d’énergies sont dégénérés ce qui conduit à briser spontanément la symétrie.
    Ceci est du au fait que d’autres champs se superposent à ceux de l’interaction électrofaible : Les champs de HIGGS dont les quanta sont appelés bosons de HIGGS. Ces champs ne possèdent pas les mêmes symétries que ceux de l’interaction électrofaible .A haute énergie, leur effet n’est pas décelable et donc la symétrie de l’interaction faible est apparente.
    La présence des bosons de HIGGS induit un autre phénomène d’une importance majeur : ils font anormalement baisser l’état d’énergie du vide. Par conséquent, les bosons de l’interaction électrofaible (Z°, W+ et W-) ne se

    trouvant pas dans leur état fondamental (on dit qu’ils ne sont pas sur leur COUCHE DE MASSE) et acquièrent une masse ! ! !
    En acquièrant une masse leur portée devient finie, et comme cette masse est très élevée (entre 80Gev et 90Gev) cette portée est très courte.
    Le volet expérimental de la théorie électrofaible :
    En 1984, les particules W et Z avaient été découverts au collisionneur proton- antiproton du CERN, avec des masses respectives de quelque 80 et 90Gev.
    Le Z° avait certes été observé, mais il restait à effectuer des mesures de précision de la particule. En 1999 Morris Swartz , de l’université Johns Hopkins, rendant compte des expériences de physique électrofaible de précision avec des particules Z° a pu mettre en avant 18 millions de Z° , recueillis en majorité par les quatre expériences L E P entre 1989 et 1995 ; c’était à stanford (p6) au séminaire lepton-photon. En 1996, les quatre détecteurs L E P ont commencé la production de paires de W.
    La détermination de la masse du W au L E P donne (80.35 0.056) G e v ce qui est précis.
    En fait, depuis son élaboration la théorie électrofaible a connu des succès expérimentaux importants ;
    - La prédiction et la découverte des courants neutres.
    - La prédiction et la découverte du quark C.
    - La prédiction et la découverte des bosons W-, W+ et Z°.
    - La mesure de l’angle de Cabibbo introduit dans le processus menant à la prédiction du quark C constitue un bon test à la théorie :
    - q = 13°.
    En effet, le caractère impressionnant de l‘électrofaible résidait dans le fait que les particules avaient des masses prédites par la théorie.
    L’électrofaible est une théorie de jauge renormalisable qui se base sur un principe de brisure spontané de symétrie locale en bon accord avec la nature. Elle constitue une bonne description des interactions faibles et électromagnétiques.
    Les expériences actuelles concernant cette théorie en physique des particules ont pour but sa fermeture par la découverte du boson de Higgs, particule qui fait l’objet d’intenses recherches…

    Références :
    * Théorie électrofaible, Janelle Morrier
    * Introduction au modèle standard, R. Abounasr & L. El Fassi (Lab /PHE)
    * Courrier Cern, Vol 37, mars 97

 

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